Actualités  - de la Société
 - de l'égyptologie

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Actualités de la Société

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- Juin 2018

lettre info juin


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Notre dernière réunion a eu lieu le 11 juin à l’auditorium de l’INHA. Les membres étaient nombreux à être présents pour écouter les conférences de Jean-Pierre Corteggiani, Nicolas Leroux et Andrea Loprieno-Gnirs. En attendant de recevoir les textes de ces communications dans le prochain BSFE, vous pouvez retrouver en vidéo des passages de ces trois conférences :

Extrait de la conférence de Jean-Pierre Corteggiani Extrait de la conférence de Nicolas Leroux
Quelques mises au point à propos de la Grande Pyramide Recommandations aux prêtres: un état des lieux
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Extrait de la conférence de Andrea Loprieno-Gnirs
Construire une tombe dans la colline thébaine : le projet archéologique Life Histories of Theban Tombs de l'Université de Bâle
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Voici quelques images de notre réunion :

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  Conférence de Jean-Pierre Corteggiani  Conférence de Andrea Loprieno-Gnirs
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Participants à la réunion Conférence de Nicolas Leroux

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Appel à communications / Call for papers
Colloque international/ International symposium

Dans le cadre de l’exposition Servir les dieux d’Égypte. Adoratrices, chanteuses et prêtres d’Amon à Thèbes, qui se tiendra au Musée de Grenoble du 27 octobre 2018 au 27 janvier 2019, le Musée de Grenoble, le Musée du Louvre, Sorbonne Université, et la Société française d’égyptologie s’associent pour organiser le colloque

Clergés et cultes thébains des Libyens aux Saïtes
11-12 janvier 2019, Musée de Grenoble
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As part of the exhibition Serving the Gods of Egypt. Adoratrices, Songstresses, and Priests of Amun at Thebes, to be held at the Musée de Grenoble from October 27, 2018 to January 27, 2019, the Musée de Grenoble, the Musée du Louvre, the Sorbonne Université, and the Société Française d’Egyptologie are jointly organizing the symposium

Theban Clergy and cult from Libyan to Saite Rule
January 11–12, 2019, Musée de Grenoble
 
Afin de poursuivre la réflexion sur la société thébaine des XIe - VIIe siècles avant J.-C. notamment tournée vers le culte d’Amon, nous invitons les chercheurs à présenter des communications portant sur différents aspects des cultes thébains et leurs rapports avec les élites ou le pouvoir royal souvent lointain.
Dans la perspective de mieux appréhender les liens unissant les cultes thébains, les élites et le pouvoir, et les stratégies qui les soustendent pendant cette période de partition politique, les communications pourront porter sur les prêtres et les agents des structures politiques ou administratives, sur les pratiques cultuelles ou funéraires, ainsi que sur les productions artistiques ou l’édition de documents inédits

Les actes de ce colloque seront publiés.

seminaire1 To further explore 11th- to 7th-century BC Theban society, with its particular focus on the Cult of Amun, we are launching a call for papers from researchers on various aspects of Theban forms of worship and their relationship with the elite or the often far-removed royal power.

With a view to enhanced understanding of the ties that unite Theban forms of worship, the elite and those in power, as well as their underlying strategies during this period of political partition, papers may address such themes as the priesthood and officials of political or administrative structures, devotional or funerary practices, artistic production, or the publication of previously unreleased material.

The proceedings of the symposium will be published.
 Sistre d’Hénouttaouy . Bronze incrusté d’or et d’éléctrrum. Paris, Musée du Louvre, E 11201 Cliché 2018 Musée du Louvre – Dist. RMN-Grand palais/Christian Décamps
 
Nous vous invitons à envoyer vos propositions de communication ou toute autre question aux adresses suivantes :
We welcome proposals of papers or any other questions to be submitted to the following addresses:
Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.; Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.
Florence GOMBERT-MEURICE, conservateur en chef au Musée du Louvre / Curator, Musée du Louvre Frédéric PAYRAUDEAU, maître de conférences à Sorbonne Université / Lecturer, Sorbonne Université
 
 
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Actualités de l'égyptologie
 

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Actualités égyptologiques Exposition L’Or des pharaons : 2500 ans d’orfèvrerie dans l’Égypte ancienne au Grimaldi Forum de Monaco, du 7 juillet au 9 septembre 2018

IMG1 webChristiane Ziegler, commissaire de l’exposition, répond à nos questions pour nous présenter l’exposition L’Or des pharaons, qui se tient au Grimaldi Forum de Monaco jusqu’au 9 septembre 2018.
SFE - Comment cette exposition renouvelle-t-elle la problématique de l’orfèvrerie d’époque pharaonique ?
Chr. Ziegler - Elle tient compte des recherches récentes menées par différents laboratoires, de thèses comme celle de C. Thiaudière, ainsi que d'un travail effectué avec mes collègues des départements antiques du Louvre et de Saint-Germain-en-Laye en vue de la publication d'un dictionnaire de l'orfèvrerie antique. En ce qui concerne la prospection des déserts et de l'extraction de l'or, elle tient compte de recherches très récentes ; par exemple celles de Klemm, le récent programme de recherche de l'IFAO sur les mines d'or, le tout récent ouvrage de P. Tallet sur les expéditions ...
SFE - Qu’est-ce que l’étude de ces bijoux peut nous apprendre de la société égyptienne ?
Chr. Ziegler - C'est une approche peu conventionnelle pour explorer de nombreux aspects de la société. Les bijoux sont un marqueur social, portés par une élite qu'ils contribuent à distinguer : symbole de richesse, de pouvoir pour le souverain et l'élite, ils manifestent la faveur du souverain envers ses fidèles serviteurs (or de la récompense ...). Du gisement au produit fini, la chaîne de fabrication va du prospecteur d'or au pharaon en passant par les ateliers des palais et des temples. Ils nous informent sur l'administration et l'économie du pays : expéditions menées vers les gisements, administration du Trésor royal et des grands temples. Ils servent de monnaie d'échange (les produits manufacturés sont évalués, comme les produits bruts, selon leur poids ; création de poids spécifiques pour l'or). Ils témoignent du commerce avec les pays voisins (par exemple importation de lapis lazuli d'Afghanistan).
IMG3 webCe sont des témoins des relations internationales (mainmise de l'Égypte sur l'or de Nubie, cadeaux diplomatiques pour les souverains du Proche Orient ...) et des contacts culturels entre l'Égypte et le reste du monde antique : par exemple, apparition de nouvelles techniques et de motifs étrangers (granulation du trésor des princesses de Dahchour qui est une technique importée de Mésopotamie, déjà présente dans les tombes royales d'Ur ; galop volant des fauves et des antilopes sur un collier de la reine Iahhetep qui est un motif importé du monde égéen ...).
L'étude des techniques révèle des procédés et un savoir-faire consommés notamment dans le domaine du raffinage du métal précieux (procédé de la coupellation), des alliages, des soudures, du cloisonné ... le tout réalisé avec un outillage sommaire. En dépit du mépris affiché par certains textes égyptiens, les orfèvres, dont la profession était hiérarchisée, jouissaient d'une certaine aisance.
Le rôle des bijoux ne se réduit pas à orner certaines parties du corps et à les mettre en valeur, ils ont aussi une valeur protectrice de par leur matériau et leur décor. Toute la symbolique liée à l'or et aux matériaux précieux nous immerge dans la pensée religieuse des Anciens Égyptiens, explicitée par les textes funéraires de l'époque tardive. Masque et doigtiers d'or, métal incorruptible et éclatant comme le soleil, confèrent l'éternité à ceux qui en sont parés. Les pierres fines, émanations des dieux accordent leur protection magique au défunt et l'aident à accéder à l'autre monde de même que les motifs des bijoux funéraires comme les scarabée ailés ou l'œil oudjat.
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Enfin le pillage des trésors de tombes, pratiqué dès les époques les plus reculées, marque les temps de crise. Les aveux des pillards, consignés sur une série de papyrus, éclairent d'une lumière très inhabituelle le comportement de certains Égyptiens vis-à-vis des défunts, en particulier de leur souverain. Les bijoux, objets de très grande valeur et faciles à emporter, sont en premier lieu la proie des voleurs, y compris une partie de ceux déposés dans la tombe de Toutankhamon.
SFE - L’affiche de l’exposition montre le masque funéraire en or de Psousennès Ier découvert dans la nécropole royale de Tanis par la mission de Pierre Montet. Comment avez-vous évoqué dans cette exposition la découverte archéologique des pièces d’orfèvrerie ?
Chr. Ziegler - J'ai choisi de faire précéder les trésors de Tanis par une grande salle d'introduction qui associe des extraits de films d'époque, des archives de fouilles, des manuscrits et le fameux télégramme de Montet à sa famille annonçant la découverte de la tombe inviolée de Psousennès. Tous ces documents m'ont été aimablement prêtés par la Mission Française des Fouilles de Tanis. Puis sont exposées les œuvres majeures : masque d'or, sarcophage d'argent et bijoux de Psousennès, bijoux et orfèvrerie d'Aménémopé, Oundebaounded et Chéchanq II.
 
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NB. L’ensemble des illustrations présentées ici nous a aimablement été fourni par les équipes du Grimaldi Forum de Monaco, que nous remercions.

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Dimitri Meeks, invité de la Chaire du Louvre 2018

 

 

Photo Meeks WEB1La Chaire du Louvre accueillera cet automne Dimitri Meeks pour une série de 5 conférences consacrées au thème « Les Égyptiens et leurs mythes ». À cette occasion, la SFE a posé quelques questions à D. Meeks, qui a très gentiment accepté de nous répondre.

SFE : Vous analyserez au cours des cinq conférences de ce cycle la façon dont les Égyptiens anciens appréhendaient leur univers et leur histoire. Comment l’égyptologue contemporain arrive-t-il à appréhender, reconstituer et comprendre les mythes et explications du monde élaborés au cours de l’histoire égyptienne ? 

  1. D. Meeks : Contrairement à ce que l’on peut penser, il y arrive avec difficulté. Nous n’avons pas d’interlocuteurs auprès desquels vérifier la validité de nos hypothèses. Nous sommes entièrement tributaires d’une documentation écrite, archéologique qui n’a d’autre langage que celui que nous lui prêtons. Il faut être très vigilant et ne pas surinterpréter ce que nous analysons en fonction de notre propre culture. La notion de mythe n’était pas connue des Égyptiens. Par référence à ce que J.-Ph. Lauer a fait dans le complexe funéraire de Djéser, on peut reconstituer des mythes en procédant à des anastyloses textuelles. Il s’agit de récolter, à travers la documentation écrite, des allusions plus ou moins directes à un ensemble mythique, des briques appelées « mythèmes » que l’on peut assembler entre elles pour aboutir à une restitution plus ou moins élaborée d’un exposé mythique. Un tel exposé peut éventuellement s’associer à d’autres pour présenter un ensemble plus vaste. Mais c’est un travail qui reste largement à faire, même si la méthode est connue depuis longtemps.

SFE : Quel est l’impact du mythe dans la réalité quotidienne de l’Égyptien ancien ? Autrement dit, et pour paraphraser Paul Veyne, les Égyptiens ont-ils cru à leurs mythes ? 

  1. D. Meeks : Toutes les cultures ont cru, croient encore en quelque chose. Mais une culture donnée se compose d’individus, de groupes d’individus qui peuvent avoir des approches très différentes vis à vis des croyances. Les structures théologiques, véhicules du mythe, jouaient sans doute un rôle important dans le quotidien des prêtres érudits, mais infiniment moins dans celui d’une population paysanne qui ne savait ni lire ni écrire. Il y avait certainement dans l’ensemble des croyances un minimum commun à toutes les couches de la population qui fondait une certaine cohésion sociale. En témoignent les grandes fêtes populaires qui réunissaient dans une même adhésion le clergé et l’ensemble de la population. Les vestiges qui ont survécu, temples, tombes, livres funéraires, compositions rituelles, théologiques, etc., montrent toute l’importance que la religion et les croyances qui s’y rattachaient revêtaient aux yeux des Égyptiens : ils ont véritablement cru en leurs dieux. Cela ne veut pas dire qu’un certain scepticisme à l’égard du pouvoir divin n’a pas existé. En témoigne tel ou tel énoncé de la confession négative du Chapitre 125 du Livre des Morts, qui fait dire au défunt « je ne me suis pas amusé de la divinité … je n’ai pas détesté la divinité ».

SFE : Vous soulignez dans la dernière conférence le fait que la civilisation pharaonique est en tout point différente de la nôtre et que notre compréhension de cette civilisation est biaisée par notre arrière-plan culturel occidental. À quels écueils cette différence et ces biais amènent-ils ? 

  1. D. Meeks : L’égyptologie, née du déchiffrement des hiéroglyphes par Champollion en 1822, est l’héritière du Siècle des Lumières. Elle plonge ses lointaines racines dans une conception occidentale du monde. Aujourd’hui, cela se traduit dans l’idée que les outils conceptuels occidentaux d’analyse des phénomènes humains sont des universaux et qu’ils peuvent servir, sans grande modification, à l’étude d’une culture disparue comme celle de l’Égypte ancienne. Trop souvent, ils servent une posture scientiste exagérément confiante et desservent la réalité de ce que fut la culture égyptienne. Ils occidentalisent en quelque sorte cette culture sous prétexte de modernité. Il est très difficile d’échapper à cet écueil. La voie la plus simple qui s’offre à l’égyptologue – peut-être la plus sûre – est de s’appuyer sur ce que sa discipline a accumulé de savoir, depuis bientôt deux siècles, pour construire une culture professionnelle suffisamment vaste afin que son regard soit un peu plus égyptien et un peu moins celui de sa culture d’origine. Mais sans excès d’optimisme : quelle que soit notre culture, nous ne serons jamais des Égyptiens de l’Antiquité.

Renseignements pratiques :

Les conférences de la Chaire du Louvre auront lieu dans l’Auditorium du musée du Louvre les 27 septembre, 1er, 4, 8 et 11 octobre 2018 à 19h00.

Elles auront pour titre :

27 septembre : « Les Égyptiens face au discours du monde »

1er octobre : « Une anastylose des mythes »

4 octobre : « Une histoire mythifiée »

8 octobre : « Une si mythique écriture »

11 octobre : « Les égyptologues face à l’autre »

Ce cycle de conférences sera accompagné de la publication de l’ouvrage de D. Meeks, Les Égyptiens et leurs mythes, Paris, 2018, aux éditions Hazan (prix de vente 25 €).

Tous les renseignements sur ce cycle de conférences sont disponibles sur le Internet du musée du Louvre : https://www.louvre.fr/conferences-et-colloques et dans la brochure pdf téléchargeable sur cette page et sur le site Internet du musée du Louvre.

La photographie reproduite ici a été empruntée à la brochure pdf de la Chaire du Louvre.


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La brochure pdf concernant la chaire du Louvre peut être téléchargée sur notre site.

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La prochaine académie hiératique aura lieu à l’Ifao à l’automne prochain.  Vous trouverez les modalités d’inscription sur les documents ci-dessous. 

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